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Analyse: en interview, ADO soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses

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Nouvel épisode de la série “Mon président parle à la presse internationale”. A cinq jours de la présidentielle d’Octobre 2020, le président Ouattara a accordé une interview à RFI et France 24. Un peu comme pour arrondir les angles de ses précédentes sorties dans le Monde et le Journal du dimanche. Le résultat est mitigé. D’une part Ado rassure, mais de l’autre il soulève encore plus de questions. Voici les nôtres.

Les bons points

J’ai été entendu: Allassane Ouattara a (enfin) présenté ses condoléances aux familles des victimes des violences contre son troisième mandat.

Par ailleurs le président a temporisé ses propos précédents concernant la modification de la constitution et l’emprisonnement de ses opposants. Ce sont ses volontés à lui. Mais l’assemblée nationale décidera pour la constitution et la justice pour ses opposants. Il n’a toutefois pas mentionné que ces deux institutions lui sont favorables : le RHDP, son parti, est majoritaire à l’assemblée et la justice lui est favorable puisqu’elle a déjà mis des opposants en prison! 

Enfin, Ado rassure. Il est difficile, voire impossible qu’il soit candidat en 2025.

Les questions

Le président qualifie sa candidature de “devoir patriotique”. Il se présente à la demande de trois quart des ivoiriens vu que son parti est majoritaire. Mais alors pourquoi seulement 41%, soit moins de la moitié des électeurs a retiré sa carte d’électeur?

Il dit également que sa candidature garanti la stabilité du pays. Or, depuis le 6 août, date de l’annonce de sa candidature, la Côte d’Ivoire enregistre des violences et des morts. De quelle stabilité parlons-nous?

Concernant son bilan le président est catégorique: “Le taux de pauvreté en Côte d’Ivoire a baissé, le revenu par tête d’habitants a doublé, le revenu de l’ivoirien moyen aujourd’hui est à $2250”. Cela veut dire que chaque ivoirien a un revenu d’environ 1,5 million par an. C’est sans mentionner les 10 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté.

S’agissant de Laurent Gbagbo, le président rassure: il aura son passeport. D’ailleurs celui-ci est en cours. Aux dernières nouvelles il suffisait de trois jours entre la demande de passeport et la réception du sésame. Pourtant celui de Gbagbo attend depuis des mois. Sans doute le passeport le plus long à délivrer qui soit. Mais que l’ex-président soit patient. Comme presque tout dans ce pays, il recevra sûrement son passeport après les élections!

Textes et dessin: Roland Polman

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